Shoah : Une survivante raconte

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Dans le cadre de l'exposition "La Shoah, l'impossible oubli", Édith Moskovic a témoigné vendredi 19 février, à la Médiathèque Jules Verne, devant une classe de CM2 de L'école Louise Michel.

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"Edith, tu fais des rêves la nuit ? - Non, mon petit, pas des rêves...des cauchemars !"

Un des nombreux échanges qu'Édith Moskovic a eu avec des enfants calmes...et captivés ! La matinée avait auparavant commencé par la visite de l'exposition sur "les juifs de France dans la Shoah" (prolongée jusqu'au 12 mars à la Médiathèque).

Les enfants avaient alors écouté l'enchainement des faits historiques conduisant à l'extermination dans les camps de la mort pour des millions d'êtres humains.

Une fois installé dans la salle de projection, le calme se fait et une voix assurée et douce à la fois se fait entendre. Édith Moskovic a répondu à l'appel de la Médiathèque pour témoigner et que les enfants soient "témoins d'un témoin".

Du passé, les photos re-surgissent et le récit commence...

Quand la guerre éclate en 1940, Édith a 8 ans. Elle est la septième d'un fratrie de huit. Un père tailleur, une maman débordant d'amour pour ses enfants, les Moskovic n'ont pas grand chose mais c'est une famille unie. Réfugiée en belgique, puis dans le sud de la France, la famille est recueillie, accueillie !

Victime d'une dénonciation, elle part pour un camps d'internement à Portet-sur-Garonne. Grâce à un sens de l'anticipation et beaucoup de débrouillardise du père, les Moskovic regagnent la Belgique. L'étau se resserre et les parents décident de confier leurs enfants à différentes connaissances en les séparant. Édith est alors enfermée dans un grenier, cachée aux yeux de l'occupant.

Ce grenier la marquera toute sa vie.

Un beau jour, "un jeune homme" l'emmène, lui donne le nom de Martin, lui dit d'oublier qu'elle est juive et prend un train avec elle. Recueillie dans une institution catholique pour handicapées mentaux, elle attend là la fin du conflit. Son père finit par la retrouver et reforme ainsi sa famille dont tous les membres ont miraculeusement survécus chacun de leur côté.

Le récit émouvant en saisit plus d'un et les questions fusent après la fin de l'intervention.

Dans les yeux d'Édith, toujours la même question : "pourquoi moi j'ai survécu ?".

"Nous sommes tous pareils" s'exclame-t-elle. "Seul le regard que l'on porte sur l'autre change : l'amour et la haine peuvent faire bien des choses en ce bas monde."

Édith est repartie, soulagée... et fière d'avoir à nouveau pu transmettre pour que l'on n'oublie pas !

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